A lire en écoutant : Bells ring, Mazzy Star (http://www.youtube.com/watch?v=ghNhDyxOZQk)
La cloche a sonné. Après des mois de vacances à déambuler sur des routes
lointaines, il a bien fallu qu'un jour le moment de retourner dans "la vraie vie" arrive...
Complètement ruiné, j'ai repris le chemin de la vie active par la base. C'est-à-dire par le biais d'un travail consistant à vider des poubelles sur le parking de Carrefour, sans oublier de
jongler avec les chariots pour que chaque client n'ait pas 20 mètres à faire pour aller en chercher un. C'était (un peu) fatiguant, (pas mal) salissant, mais tout ça a eu le mérite de me sortir
(très tôt, vraiment très tôt) du lit pendant quelques jours. Jusqu'à ce que mon téléphone sonne et qu'on me propose un poste de journaliste à Rodez, une ville où j'avais mis les pieds une fois 10
ans auparavant (ce sera le sujet d'un prochain article d'ailleurs !). Me voilà donc en Aveyron depuis une dizaine de jours. Un département qui n'est pas sans me rappeler l'Australie. Attention,
pas de crested pigeon ici (malheureusement), ni de wombat et encore moins de mines d'opales. En revanche, comme en Australie, la nature est omniprésente et des tas de choses sympas à voir
risquent bien d'occuper mes prochains week-end. Mais le plus gros point commun, je dirai que c'est le côté perdu. Alors évidemment, Rodez est à moins de 2 heures de villes comme Toulouse et
Montpellier (comme ça vous voyez un peu plus où c'est, car je suis persuadé que certains n'en ont pas la moindre idée ou presque !), mais malgré cela il règne un calme impressionnant ici. Bon,
c'est pas que je suis spécialement fan de voitures brûlées ou de vol à main armé, mais l'Aveyron est sur la troisième marche du poduim des départements les moins dangereux en terme de
délinquance. Et le coin semble un peu réfractaire aux nouvelles technologies. Pour preuve, j'ai décidé tout à l'heure de venir alimenter un peu le blog, alors j'ai pris le chemin de la
médiathèque, naïvement persuadé qu'il s'agirait d'un lieu où je trouverai le wi-fi afin de m'installer tranquillement avec mon ordinateur. "Ah non, par contre on a des ordinateurs du XIIIe
siecle, mais comme vous n'êtes pas membre vous ne pourrez les utiliser que 4 minutes. Sinon il y a le café là-bas." Rassuré, je me dirige donc vers le bar, où le propriétaire m'explique que son
réseau ne marche pas actuellement, et que pour trouver une connexion je devrais me rendre à la galerie marchande de Géant Casino. Bon, je monte donc dans la voiture, et me voilà 5 km plus loin
confortablement installé dans un espace wi-fi plutôt agréable. Le problème, c'est que ça ne fonctionne pas non plus... Une seule solution se présentait alors à moi, une solution que j'avais en
tête depuis le début mais que j'avais peur de devoir employer... Celle qui nous a sauvés quelques fois en Australie et en Nouvelle-Zélande : le wi-fi du McDo. Oui mais voilà, je vous rappelle que
je suis en Aveyron. Le pays de José Bové et de la confédération paysanne. C'est d'ailleurs dans le département que le célèbre moustachu s'est fait connaître, en démontant le McDo de Millau, à
quelques km de là... Mais bon, j'arrive à la fin de mon article et je n'ai toujours pas été pris à partie par une bande d'altermondialistes déchaînés (pour qui j'éprouve une certaine sympathie,
je me suis donc contenté d'un sundae). Voilà, je suis ici pour tout l'été (je veux dire à Rodez, pas dans le McDo hein !), et malgré mes quelques moqueries, je dois dire qu'on se sent plutôt bien
en Aveyron !
La citation du jour : "Elle travaille tous les
jours
Elle a un super boulot
Sur l'parking de Carrefour
Elle ramasse les chariots
Le week-end c'est l'enfer
Quand tous ces parigots
Viennent remplir l'coffre arrière
D'leur 504 Peugeot
De quinze tonnes de lessive
De monceaux de bidoche
En cas d'guerre en cas d'crise
Ou d'victoire de la gauche
Ce spectacle l'écoeure
Alors elle pense à ces gars
Qui sont dev'nus voleurs
Elle comprend mieux pourquoi."
Renaud, Banlieue rouge